Ressource-Strasbourg/Montréal-Musique
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MUSIQUE

"STRASBOURG/MONTRÉAL, INTER-URBAINS"
2003

Bruno Lachapelle

Je tiens à créer un monde imaginaire dans un lieu où mes visuels (photo et vidéo) se mêlent à une ambiance sonore (mix live). Mon idéal est de porter le mouvement de l’ensemble dans une sorte de rêve éveillé. Mon travail préparatoire porte sur des prises de vues en noir et blanc où l’individu est influencé par ses réflexions quotidiennes. Le spectateur, lui, est placé face à des photographies où le décor urbain des grandes villes s’oppose aux paysages organisés de la nature du nord québécois. Mon but est de provoquer une interrogation sur la place du contexte dans nos vies. Ces perspectives graphiques nous plongent dans un ressenti que je souhaite voir démultiplier par un travail numérique de l’image (assisté par ordinateur). Au niveau sonore, je mixe différentes sources qui, toutes, font référence à des imageries mentalement identifiables (bruits de la rue, du vent, des conversations, des nouvelles technologies…). Les sons entendus influencent, dès lors, la perception visuelle des images proposées dans le lieu. Chaque spectateur a la possibilité de vivre ses émotions, de voyager de façon non rationnelle et de se sentir exister au cœur d’un univers expérimental.

Bruno Lachapelle Bruno Lachapelle
Inter-Urbains_les artistes 2003

Alexandre Pax

J’assimile souvent mon travail de compositeur-interprète à celui d’un architecte-sonore : mes morceaux sont les fragments d’un même puzzle. Mêler l’ombre à la clarté des édifications, telle est mon intime tâche. Je tends à créer un espace pour nous abriter, des sons pour nous envelopper. J’élabore un système clos mais perméable, replié sur lui-même, au-dehors duquel tout serait sauvage et impossible. Dans mon univers musical, je travaille le profond et le clair, je tente d’en saisir, révéler les dérives, une luminosité discrète qui n’altère pas la nudité du silence. Je cherche à délivrer des forces captives, des sources obscures, peut-être l’imprévisible en y mêlant comme un principe de folie dans cet inlassable monologue sonore. Le rythme, c’est le souffle : inspirant, expirant. Ma réalité musicale ressemble à des coffrets chinois : une infinité de boîtes contenant d’autres boîtes. Tout paraît s’y répéter. J’éprouve les possibilités infinies d’un espace limité, cela me permet de me rapprocher de quelques pouces du cœur de l’infini. Réduire le son à ses moindres dimensions, le fait de concentrer mon esprit en un point infiniment petit ; ce n’est qu’à ces conditions que je peux sentir la musique se déployer et en explorer l’étendue démesurée et insondable.

Extrait musical