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Je tiens à créer un monde imaginaire dans un lieu où mes visuels (photo et vidéo) se mêlent à une ambiance sonore (mix live). Mon idéal est de porter le mouvement de lensemble dans une sorte de rêve éveillé. Mon travail préparatoire porte sur des prises de vues en noir et blanc où lindividu est influencé par ses réflexions quotidiennes. Le spectateur, lui, est placé face à des photographies où le décor urbain des grandes villes soppose aux paysages organisés de la nature du nord québécois. Mon but est de provoquer une interrogation sur la place du contexte dans nos vies. Ces perspectives graphiques nous plongent dans un ressenti que je souhaite voir démultiplier par un travail numérique de limage (assisté par ordinateur). Au niveau sonore, je mixe différentes sources qui, toutes, font référence à des imageries mentalement identifiables (bruits de la rue, du vent, des conversations, des nouvelles technologies
). Les sons entendus influencent, dès lors, la perception visuelle des images proposées dans le lieu. Chaque spectateur a la possibilité de vivre ses émotions, de voyager de façon non rationnelle et de se sentir exister au cur dun univers expérimental.
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Alexandre Pax
Jassimile souvent mon travail de compositeur-interprète à celui dun architecte-sonore : mes morceaux sont les fragments dun même puzzle. Mêler lombre à la clarté des édifications, telle est mon intime tâche. Je tends à créer un espace pour nous abriter, des sons pour nous envelopper. Jélabore un système clos mais perméable, replié sur lui-même, au-dehors duquel tout serait sauvage et impossible. Dans mon univers musical, je travaille le profond et le clair, je tente den saisir, révéler les dérives, une luminosité discrète qui naltère pas la nudité du silence. Je cherche à délivrer des forces captives, des sources obscures, peut-être limprévisible en y mêlant comme un principe de folie dans cet inlassable monologue sonore. Le rythme, cest le souffle : inspirant, expirant. Ma réalité musicale ressemble à des coffrets chinois : une infinité de boîtes contenant dautres boîtes. Tout paraît sy répéter. Jéprouve les possibilités infinies dun espace limité, cela me permet de me rapprocher de quelques pouces du cur de linfini. Réduire le son à ses moindres dimensions, le fait de concentrer mon esprit en un point infiniment petit ; ce nest quà ces conditions que je peux sentir la musique se déployer et en explorer létendue démesurée et insondable.
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