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Corine Kleck
Des objets à histoires, histoires damours, dattentes, despoirs dans une quête amoureuse factice où la fausse ingénuité côtoierait une sincère coquetterie. Sorte de bric-à-brac sentimental qui se traduit par une création ludique et spontanée comme un art dexpression populaire qui mêlerait tendresse, poésie et innocence. Objets dassemblage, mêlant le rebut, le petit rien, les fonds de tiroir, les oublis de grenier et les laissés pour compte. Revisités, transformés et investis dune charge sentimentale, ils invitent à rencontrer un univers féminin où lapparente douceur pourrait bien révéler une âpre brutalité. Conjuguant caractère domestique et caractère dartisticité, ils jouent dune transfiguration du banal, où sublimer le quotidien, revient à inventer une réalité fictionnelle alimentée par les fictions des médias. Objets de proximité, ils questionnent limage de la féminité et la réalité de celle-ci :éprouver la persistance de limage à travers une relecture du " cliché ", et lusage répété du stéréotype pour interroger les mécanismes de lenfermement et de son instrumentalisation. Le cliché féminin concrétisé par dironiques " travaux de demoiselle " fait apparaître un travail de collection infinie, illimitée, toujours recommencée. En ce sens, la variété des objets est ouverte, elle évite et contourne la possibilité de lépuisement et conjure le " jamais plus ".
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Le secret dun individu qualifie, ce qui est strictement personnel et généralement caché aux autres, ce qui est condamné à demeurer incommunicable. Lintimité est à labri des regards, presque invisible, impénétrable, se dévoile rarement et résiste à remonter à la surface. Je souligne lexistence dun secret sans labolir. Jexpose lexistence dun mystère et la voie qui mène à la reconnaissance de ce mystère. La femme renferme son secret tout comme mes livres dont lécriture est à peine lisible. Dune part, je constate cette illisibilité, et dautre part jéprouve le besoin et le désir de multiplier la révélation de cette illisibilité. Mais cette révélation est évoquée avec pudeur et reste frustrante (livre condamné, accouplé
). Cette vérité est, dans lécart, entre enfoui et montré, cest linvestissement de cet écart qui est mis en jeu. Je montre lintime par des objets protégés. Lidée de dualité reste primordiale que ce soit de moi à moi, de moi aux autres, dans le rapport entre privé/public, intérieur/extérieur, individuel/collectif,
Lhistoire dintimité est une manière dêtre en rapport à lautre et par rapport aux autres.
Mon travail prend tout sons sens au niveau de cette résistance (comme les liens, assemblages et techniques de reliure), dans la monstration de quelque chose qui est là et qui nest pas montré, qui est à la fois visible et invisible ; je questionne cette monstration du pas montrable par lintime, ouvrant à la fois sur le secret qui cache une vérité et sur une vérité toujours enfouie par ce secret.
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