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LIVRES D’ARTISTES - OBJETS

"STRASBOURG/MONTRÉAL, INTER-URBAINS"
2003

Corine Kleck

Des objets à histoires, histoires d’amours, d’attentes, d’espoirs dans une quête amoureuse factice où la fausse ingénuité côtoierait une sincère coquetterie. Sorte de bric-à-brac sentimental qui se traduit par une création ludique et spontanée comme un art d’expression populaire qui mêlerait tendresse, poésie et innocence. Objets d’assemblage, mêlant le rebut, le petit rien, les fonds de tiroir, les oublis de grenier et les laissés pour compte. Revisités, transformés et investis d’une charge sentimentale, ils invitent à rencontrer un univers féminin où l’apparente douceur pourrait bien révéler une âpre brutalité. Conjuguant caractère domestique et caractère d’artisticité, ils jouent d’une transfiguration du banal, où sublimer le quotidien, revient à inventer une réalité fictionnelle alimentée par les fictions des médias. Objets de proximité, ils questionnent l’image de la féminité et la réalité de celle-ci :éprouver la persistance de l’image à travers une relecture du " cliché ", et l’usage répété du stéréotype pour interroger les mécanismes de l’enfermement et de son instrumentalisation. Le cliché féminin concrétisé par d’ironiques " travaux de demoiselle " fait apparaître un travail de collection infinie, illimitée, toujours recommencée. En ce sens, la variété des objets est ouverte, elle évite et contourne la possibilité de l’épuisement et conjure le " jamais plus ".

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Inter-Urbains_les artistes 2003

Delphine Brouchier

Le secret d’un individu qualifie, ce qui est strictement personnel et généralement caché aux autres, ce qui est condamné à demeurer incommunicable. L’intimité est à l’abri des regards, presque invisible, impénétrable, se dévoile rarement et résiste à remonter à la surface. Je souligne l’existence d’un secret sans l’abolir. J’expose l’existence d’un mystère et la voie qui mène à la reconnaissance de ce mystère. La femme renferme son secret tout comme mes livres dont l’écriture est à peine lisible. D’une part, je constate cette illisibilité, et d’autre part j’éprouve le besoin et le désir de multiplier la révélation de cette illisibilité. Mais cette révélation est évoquée avec pudeur et reste frustrante (livre condamné, accouplé…). Cette vérité est, dans l’écart, entre enfoui et montré, c’est l’investissement de cet écart qui est mis en jeu. Je montre l’intime par des objets protégés. L’idée de dualité reste primordiale que ce soit de moi à moi, de moi aux autres, dans le rapport entre privé/public, intérieur/extérieur, individuel/collectif,… L’histoire d’intimité est une manière d’être en rapport à l’autre et par rapport aux autres.
Mon travail prend tout sons sens au niveau de cette résistance (comme les liens, assemblages et techniques de reliure), dans la monstration de quelque chose qui est là et qui n’est pas montré, qui est à la fois visible et invisible ; je questionne cette monstration du pas montrable par l’intime, ouvrant à la fois sur le secret qui cache une vérité et sur une vérité toujours enfouie par ce secret.